Chronique de trom : Serrés comme jamais.

[Chronique de trom] Serrés comme jamais. Ça faisait longtemps. J'étais avec des touristes japonais. Eux, ça les faisait sourire. Ça faisait longtemps que je n'avais pas été aussi serrée. Maintenue comme dans un manège à sensation. Nul besoin de chercher une barre pour se maintenir, je suis plaquée comme dans Space Mountain. Tant mieux, c'eût été mission impossible. Serrée devant, serrée derrière. C'est Twister, le come back. T'as un bras qui passe sur ta tête. Une main dans ton dos d'un optimiste (ou pas) qui n'a pas compris que ça ne sert plus à rien de se tenir. Cheveux blonds dans la gueule. Main humide qui a pris la tienne pour la barre. Haleines gâtées à la Camel ou au café. La pétasse qui dit pardon avant d'arriver à la station pour sortir alors qu'on a même du mal à bouger nos doigts. Mais c'est pas les vacances ? Qu'est ce que vous foutez encore là ? Quand on arrive à une station, tu supplies des yeux les gens qui attendent sur le quai. SVP ne montez pas ! Ils s'engouffrent machinalement imperturbables, non sensibles à la détresse sur nos visages. Les touristes japonais sont tantôt angoissés tantôt amusés. Syndrome de Paris dans 6 stations les mecs. [Le syndrome de Paris est un trouble psychologique transitoire rencontré par certaines personnes, en visite à Paris. Cette affection toucherait plus particulièrement les touristes japonais qui, désemparés par l’écart entre la réalité et leur vision idéalisée de la ville comme le Paris d’Amélie Poulain, se retrouvent désillusionnés et déstabilisés par le fossé culturel entre la France réelle et l'image qu'on s'en fait au Japon]. Rigolez pas trop vite amis touristes, vous allez voir, ça devient vite agaçant. Vous étiez venus voir les Champs Élysées, la Tour Eiffel, Disneyland et les cerisiers en fleurs. Cerise sur le gâteau : la ligne 8, lundi matin, 9h. C'est cadeau. Pub Disney sur le quai si vous êtes encore en manque de sensation. #paris #metro #ratp #igparis #instadaily

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Comme toute parisienne qui se respecte, je rêve souvent de quitter Paris. Comme tous les parisiens, je reste et me plains car ça fait du bien et car j'<3 rien je suis parisien. Je reste aussi pour le chant de la baguette, pour ce petit japonais au bout de ma rue, pour ces adresses qui ouvrent chaque jour, pour une tartelette au citron, pour du fromage toujours au lait cru, pour un bibimbap dans le 15ème, un Tigre qui pleure dans le 13ème, pour un bar à vin dans le 2ème, pour cette nouvelle adresse de burger à la sauce chinoise. Pour les ponts, pour les ruelles, pour les épiceries, l'odeur des boulangeries, pour déambuler dans le 7ème observer ceux qui achètent leur PQ à la Grande Ep' et pour voir les boubous défiler à Barbès, pour un butter chicken Passage Brady et un parfait café latte rue de Babylone. Pour m'arrêter devant la Pagode, pour lécher les vitrines, pour se prendre pour une touriste, pour s'étonner à rêver d'y habiter…

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