D’Albanie en Croatie, roadtrip !

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Zoom zoom zen dans ma benz benz benz. Pourquoi l’Albanie ? C’est la première fois que des locaux me demandaient pourquoi j’avais choisi de voyager dans leur pays. « Vous avez de la famille ici ? ». A vrai dire, c’était un peu le fruit du hasard. Je voulais une destination dépaysante mais pas lointaine et qui n’exigeait pas de vaccins. J’avais bêtement ouvert Google Maps comme à chaque fois que je cherche une destination de voyages. Je traçais mentalement un cercle : le champ des possibles. Je regardais les points d’intérêts et l’itinéraire pour chaque possible. Et puis, j’ai vu une photo de la plage de Jale et du Lac Koman. Et c’était décidé. Un seul maigre guide touristique mal fourni existe sur l’Albanie, j’essayais donc de tracer mon itinéraire grâce aux témoignages de quelques internautes ayant raconté leur voyage.

Aucune info sur les transports, ni leur existence, ni leurs horaires, ni sur la possibilité de louer une voiture à un endroit et la laisser autre part. Alors, j’avais seulement noté les lieux que je voulais voir sans rien réserver. Les billets pour Tirana sont chers. Je regardais sur Maps où atterrir. Après 4h de recherche a J-2 à l’aube du mois d’août, je trouve des billets pour Corfou à 130€. Corfou est à 1h de l’Albanie en ferry. Nous partirons avec seulement un aller simple. On verra après pour le retour. Le retour, c’est moins important, c’est même une option ;).

3h de vol pour Corfou. Une île où les taxis sont les rois du pétrole. 20 min, 30€ de l’aéroport à notre hôtel. Nous y restons 2 nuits, une journée complète. De jolies plages mais une île qui est loin d’avoir le charme de celles des Cyclades.

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Nous partons par ferry en Albanie. Corfou-Saranda 1h30. Saranda, une grande station balnéaire pour les albanais. Nous trouvons un hôtel devant la plage. Saranda est bétonnée, la plage compte des parasols par centaines. Il ne fait pas loin de 40°c. Les gens nous regardent avec insistance et amusement. On comprend quelques heures plus tard que beaucoup n’avaient simplement jamais vu un noir et encore moins une métisse. On le comprit quand quelques personnes et enfants nous demandaient de prendre une photo avec nous ou quand on compara ma fille à « North West – Kardashian »🙄.
Il n’y a personne dans la ville jusqu’à 17h30, il fait bien trop chaud. A 17h30, tout le monde sort sur le front de mer, marche, se croise, consomme. Le paseo espagnol en Albanie. Oui tout le monde consomme :  glaces, ballons, pop corn, cocktails, jouets. 20 ans après la fin d’une des plus fortes dictatures du monde conduite par le leader communiste stalinien Enver Hoxha, le besoin d’expier les démons de cette dictature communiste passe par une consommation quasi effrénée.

La ville a le cul entre 2 chaises, l’Orient et l’Occident, les vestiges communistes et un capitalisme naissant, la modernité d’hôtels flambants neufs et la pauvreté visible partout dans la ville.

Les immeubles modernes et les routes vétustes. Les Mercedez Benz et les hommes à dos d’âne. L’appel du muezzin se fait entendre entre deux clochers d’églises. Nous passons une nuit à Saranda avant de louer une voiture 48h pour découvrir la riviera albanaise. Les routes albanaises sont simples et compliquées à la fois. Il y a seulement 2 routes en Albanie : la route côtière et la route à l’intérieur des terres. Difficile donc de se tromper. Par contre, elles sont sinueuses et les km prennent une autre échelle, sans compter sur la présence quasi habituelle de vaches, de chiens et de chèvres. Les paysages sont magnifiques, on roule les fenêtres grandes ouvertes, il fait 40°c et l’option clim’ n’est pas au rdv. Ça sent le maquis à plein nez. La densité de Mercedes Benz est impressionnante. Des vieilles, des flambantes neuves et des très vieilles. En Albanie, si à 20 ans, t’as pas de Benz, t’as raté ta vie.

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Nous traversons des villages blancs à l’image de Queparo. Sur le bord des routes, des femmes vendent des bouteilles d’huile d’olive.

Nous n’avons pas réservé d’hôtels, j’ai seulement noté le nom de 3 chambres d’hôtes qui m’avaient l’air bien. Nous roulons à l’aveugle, nous n’avons ni internet, ni carte. Nous tombons sur un des 3 hébergements que j’avais notés. L’Ecoturist hôtel. Il y a un bungalow de libre. Il se trouve à Porto Moldano qui se résume à une petite plage avec un vieux bunker, un vieux fort, une vieille église, un restaurant et un hôtel. Une petite plage de cailloux à l’eau transparente, préservée de tout. Oui un bunker. Il y en a partout ici.

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Nous logeons dans un hôtel constitué de 8 bungalows en plein maquis. Ca sent bon, les cigales chantent forts et la chaleur est écrasante. Le logement est spartiate mais la situation idéale.

ecoturist-porto-palermo-albanie Nous allons voir les plages alentours. Malheureusement, les grandes plages sont abîmées par la pollution. Le traitement des déchets n’a pas l’air d’être la principale préoccupation ici. Seules les petites plages non aménagées – sans parasols – sont préservées. Nous retournons sur la petite plage de Porto Moldano et nous mangeons dans le restaurant la surplombant. 2h30 pour un plat. Et c’est ce qui va nous attendre quasi tout au long du séjour. Pour manger au resto, il vaut mieux être pro-actif sur sa faim. Nous avons attendu en moyenne 1h pour être servi. 1h45 fut le record. Seul rempart contre une crise d’hypoglycémie : le burek, un feuilleté avec de la pâte fylo.

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Nous passons une seconde nuit sur la côte dans un autre hôtel avant de rejoindre Saranda où nous déposons la voiture et prenons un bus pour Tirana, la capitale. Saranda-Tirana : 250km. Un bus des années 80, sans clim donc sous 40°, sans amorti, sans touristes non plus. Bref 250km en 6h30. Quand le chauffeur a eu faim, il s’est simplement arrêté dans un resto au bord de la route sans rien annoncer sur le temps d’arrêt.

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Ce coup-ci, à Tirana, on n’avait pas lésiné sur le confort. Le kiff du séjour. Un beau 4* avec vue sur Tirana. 64,50€ avec petit déjeuner buffet pour 3…
Lendemain, départ pour Shkoder, seconde ville plus importante de l’Albanie, sur la route du Monténégro et point de départ pour visiter le lac koman et les Alpes albanaises. Nous dormons à Shkoder, une ville endormie la journée sous des températures caniculaires et qui s’éveille dès 18h où les rues piétonnes prennent des airs de station balnéaire. Dans l’hypercentre, une magnifique mosquée est à quelques mètres d’une église.

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Le lendemain matin, nous prenons le bus pour le lac Koman. 2h de route dont une heure sur route non asphaltée, un petit supplice couvert de vomi de ma fille. Le lac Koman est un lac artificiel.
Pour accéder à l’indépendance énergétique, l’Albanie d’Enver Hoxha développe dans les années 70 son réseau hydroélectrique. Plusieurs barrages sont ainsi construits sur les puissants cours d’eaux du pays. Le lac Koman est l’un d’eux. L’Albanie produit l’une des électricités les plus écologiques d’Europe.
Le bus nous arrête juste après le barrage. Nous allons prendre le ferry jusqu’à Fierza pendant 2h30 à travers un magnifique paysage. Des airs d’Asie du Sud-Est. Personne. Seulement 5 ou 6 maisons sur le trajet. Des paysages spectaculaires.

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Dans le ferry résonne ce qui doit être le hit de l’été albanais suivi de musique folklorique. Arrivés à Fierze, nous prenons un minibus pour Valbonë, les montagnes albanaises. La route est incroyable, quelques étrangers partagent notre fourgon, ils viennent surtout jusqu’ici pour faire une randonnée d’une journée jusqu’à Teth, une marche apparemment incroyable.

Nous marchons jusqu’au bout de la route, le bout de l’Albanie en somme. Cette nouvelle route à travers les montagnes achevée au printemps. Les locaux ne veulent pas qu’elle continue. La suite appartient à la nature et les paysages aux marcheurs. Des sources naturelles, de magnifiques pins, de hautes montagnes aux neiges éternelles, à perte de vue. 3 auberges et la nature. On est ici dans une nature encore vierge que la route vient seulement de rallier à la civilisation. Je ne veux pas imaginer comment cet endroit au goût d’éternité sera dans 10 ans.

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Nous repartons le lendemain en chemin inverse pour Shkoder. Le mini bus, le ferry et le bus. Nous trouvons un hébergement dans une association pour femmes victimes de violence et qui loue des chambres pour se financer. Le lendemain, nous partons pour le Monténégro, à seulement une vingtaine de km de là. Ulcinj, la première station balnéaire monténégrine, composée et visitée par 90 % d’albanais. On ressent d’emblée davantage l’Europe mais si nous ne sommes pas dans l’Union Européenne. On paye ici en euros, il y a des supermarchés avec tous les produits européens et américains. Les prix ne sont pas non plus les mêmes. Nous logeons dans la vieille ville, une forteresse blanche à flanc de colline à laquelle on accède par de longues pentes empruntables uniquement à pieds. La vue sur la mer est imprenable, on compte 4 plages principales : une plage destinée aux femmes, connue et réputée pour ses vertus fertiles, la plage du centre-ville, absolument bondée. Je n’avais jamais vu ça, parasols à touche-touche et des gens allongés entre les parasols. Puis 2 petites criques en bas de la vieille ville bien plus difficilement accessibles mais bien moins bondés. Il y a désormais davantage de touristes. Certains s’apprêtent à visiter Kotor. Nous devions nous y rendre mais le temps nous a rattrapé et après avoir vu le lac Koman, nous avons peur d’être déçus par les bouches de Kotor apparemment abimées par le tourisme de luxe.

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Nous partons pour Dubrovnik, en Croatie, en bus. 3 h de route le long de la côte. Dubrovnik est bondé, nous avons trouvé une maison d’hôtes sans intérêts et assez cher. La vieille ville est quasi impratiquable, des Tours Game Of Thrones partout, des minis bouteilles d’eau à 4€, des files d’attente interminables pour une glace… La vieille ville de la « perle de l’Adriatique » est petite, remarquablement belle, les maisons sont couvertes de tuiles roses (offertes par la ville de Toulouse après la guerre), et le tout est encerclé de remparts qui donnent sur la mer Adriatique. Nous n’y sommes restés que 2h, je conseille d’ailleurs de ne pas y rester la nuit si vous venez en Croatie durant le mois d’août. La solution plus agréable et moins onéreuse consiste à dormir sur une île proche de Dubrovnik et de venir pour la journée (30 min en ferry).

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Le lendemain, nous partons pour les îles face à Dubrovnik. Nous logeons sur l’île de Sipan, dans le village de Suđurađ. Si cette île est la plus grande et la plus peuplée des îles Élaphites, ce n’est pas ce qu’il parait en arrivant et en la comparant à Lopud, sa voisine. Le village de Suđurađ compte un mini-mini supermarché, 3 restaurants, assez chers et quelques hébergements mais c’est l’endroit idéal pour oublier la foule de Dubrovnik. Les oursins sont légion dans les petites criques. Nous restons 3 jours sur l’île mais nous nous rendons en ferry à Lopud deux journées entières. Plus petite, cette île est un peu plus touristique et compte une plage de sable, un avantage non négligeable après avoir rencontré uniquement des plages de galets, de cailloux et d’oursins. Le choix de restos y est également plus important.

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Après 3 jours de repos, nous partons pour Split, à 3h au nord de Dubrovnik. La ville au magnifique palais Dioclétien bordée par la mer Adriatique. Les ruelles sont animées de terrasses, de restos, de boutiques mais le visage de la ville historique n’en est en rien dénaturée. J’imagine que c’est une destination idéale pour un week-end prolongé.

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Comme toute parisienne qui se respecte, je rêve souvent de quitter Paris. Comme tous les parisiens, je reste et me plains car ça fait du bien et car j'<3 rien je suis parisien. Je reste aussi pour le chant de la baguette, pour ce petit japonais au bout de ma rue, pour ces adresses qui ouvrent chaque jour, pour une tartelette au citron, pour du fromage toujours au lait cru, pour un bibimbap dans le 15ème, un Tigre qui pleure dans le 13ème, pour un bar à vin dans le 2ème, pour cette nouvelle adresse de burger à la sauce chinoise. Pour les ponts, pour les ruelles, pour les épiceries, l'odeur des boulangeries, pour déambuler dans le 7ème observer ceux qui achètent leur PQ à la Grande Ep' et pour voir les boubous défiler à Barbès, pour un butter chicken Passage Brady et un parfait café latte rue de Babylone. Pour m'arrêter devant la Pagode, pour lécher les vitrines, pour se prendre pour une touriste, pour s'étonner à rêver d'y habiter…

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3 Responses
  • Manava
    septembre 22, 2016

    J’ai encore plus envie d’y aller ! Merci pour tes conseils avisés et ton avis tranché !

  • SosoNed
    septembre 28, 2016

    Nous partons demain pour un petit combiné Albanie/Monténegro.
    Nous hésitons à faire le lac Koman (par peur de manque de temps) mais après avoir vu tes photos, on en a l’eau à la bouche.
    Merci pour ton blog

    • Anaïs Lerma
      septembre 29, 2016

      Merci beaucoup ! Beau voyage ! Racontez-moi !

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