L’agriculture paysanne, le bonheur est dans le pré

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J’y crois aux publicités avec les vaches qui pâturent joyeusement, aux poules qui prennent le soleil en plein air. J’y crois parce que je préfère y croire. Parce que j’aimerais oublier ce reportage montrant des poulets les uns sur les autres, tout blancs n’ayant jamais vu la lumière du jour, un docu qui m’avait foutu la chair de poule…

Mais, je sais bien que je mange souvent de la m****, je sais aussi pertinemment que privilégier les circuits courts permet de garantir la qualité des produits. Mais, ils sont chiés ces agriculteurs, pas d’éleveurs de poules à l’horizon dans le 15ème arrondissement de Paris…

Bref, la semaine dernière, j’ai été invitée à partir à la rencontre de producteurs en terre paysanne. J’ai eu le privilège de visiter deux fermes à quelques km de Blois : chez Margaux et Corentin, le Petit Villesablon, sa culture céréalière et sa production de fraises et légumes biologiques et chez Anne et Gilles à la Ferme laitière bio de la Guilbardière.

Cette journée m’a fait prendre conscience de notre méconnaissance croissante de la terre, nous la génération Y. Pas spécifiquement les parisiens puisque les paysans rencontrés qui reçoivent des écoliers d’établissements alentours sont tout aussi étonnés par leur ignorance. Le lien unissant les paysans à la terre et à la nature incluant leur dépendance au climat m’a rappelé mon voyage au Pérou et l’adoration des péruviens pour leur terre et les offrandes faites à celle qu’ils nomment la Pachamama, la Terre-Mère, la terre fertile.

Or, l’homme a toutes les cartes en main et ambition en tête pour compromettre la fertilité de la Pachamama en tirant sur la corde. Tu le connais l’Homme ? On lui donne la main, il t’avale le bras…

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L’agriculture paysanne, c’est quoi ?

Une idée de l’agriculture qui place les hommes au centre et qui s’inscrit dans les critères de durabilité, de respect de l’environnement et de conservation du tissu social.

Paysan, c’est un gros mot ?

Avant ces rencontres, je percevais le terme « paysan » comme péjoratif et je n’aurais d’ailleurs pas osé appeler un agriculteur ainsi. Le terme a pourtant regagné ses lettres de noblesse en désignant celui qui travaille la terre avec respect. Je crois que le paysan est même le nouveau hipster, c’est dire 😉

C’était pourtant cool l’agriculture industrielle et la révolution verte, non ?

La révolution verte conduit à une industrialisation de l’agriculture. Les pesticides ont certes permis aux agriculteurs de sécuriser leur production en tuant rapidement et efficacement champignons, maladies, mauvaises herbes et insectes susceptibles de nuire à celle-ci. Mais l’agriculture qui s’est industrialisée est devenue de plus en plus dépendante de l’utilisation des pesticides chimiques pour protéger les récoltes des ravageurs et des maladies. Les pesticides sont des substances chimiques regroupant les insecticides, pour lutter contre les insectes nuisibles, les herbicides, pour lutter contre les mauvaises herbes et les fongicides, pour lutter contre les champignons.

Les pesticides et ses dangers

L’exposition élevée aux pesticides in utero et chez les enfants en bas âge engendrerait malformations congénitales, un quotient intellectuel plus faible, une incidence plus importante de fausse couche pour les femmes enceintes et une incidence plus importante de cancers, de maladies du système nerveux pour l’ensemble de la population.

Les semences industrielles, des légumes tous pareils ?

La semence est une graine qui va être semée, c’est le premier maillon de la chaîne alimentaire. Depuis la Seconde Guerre mondiale et l’industrialisation de l’agriculture, les semences ont été standardisées et remplacées par des semences industrielles complètement uniformes nécessitant l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques et limitant l’autonomie des agriculteurs. Aux côtés des pesticides, les semences industrielles apparaissaient comme un second miracle en garantissant un rendement.

Depuis les années 2000, certains paysans veulent se réapproprier les semences. C’est ce que l’on appelle les semences paysannes. De nombreux paysans (dans les pays du « Sud » mais aussi dans une moindre mesure en France) réalisent un véritable travail de conservation et de sélection collective afin de maintenir des variétés locales, anciennes ou en voie de disparition et créer des variétés adaptées au terroir.

Agriculture industrielle, agriculteurs dépendants ?

Les agriculteurs se fournissaient donc à prix coûteux en pesticides, en semences et en nourriture pour animaux (les OGM sont devenus la norme en termes de nourriture du bétail, pour les vaches laitières également).

Un modèle peu durable ?

Puis, la terre est devenue moins fertile. Les animaux élevés hors-sol commencent à être malades. Les parasites commençant à résister aux pesticides, d’autres pesticides toujours plus forts ont fait leur apparition.

Les pesticides ont un effet néfaste sur l’habitat sauvage notamment sur certains oiseaux sur les abeilles mais aussi sur les enfants et les adultes (cancers, maladies nerveuses…).

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Loin d’un retour en arrière, l’agriculture paysanne permet d’innover sans standardiser, de préserver les espèces et les spécificités de chaque terroir et d’assurer l’autonomie des paysans. Pour aider les agriculteurs et les accompagner vers une agriculture plus autonome, plus durable et plus saine, Greenpeace vient de lancer une campagne de crowdfunding.

Greenpeace et sa campagne de crowdfunding pour le développement de l’agriculture paysanne

Greenpeace vient de lancer une campagne de crowdfunding dont l’intégralité des fonds sera reversée pour le financement de la maison des semences paysannes et pour développer les diagnostics paysans.

La maison des semences paysannes du Lot

La création de la Maison des semences paysannes facilitera la culture et l’échange de semences entre les paysans du Lot. Elle permettra aux agriculteurs de reconquérir leurs droits sur leurs cultures. Les Maisons des semences sont des lieux où les paysans partagent et cultivent eux-mêmes leurs semences, sélectionnées dans leurs propres champs. C’est dans les années 2000 que les paysans et les jardiniers se sont organisés pour faire renaître les semences. Il existe une quarantaine de Maisons des Semences Paysannes en France.

Grâce aux semences paysannes, paysans et jardiniers créent des variétés adaptées à leur terroir qu’ils vont ensuite sélectionner et partager. Ainsi, ils oeuvrent collectivement à la multiplication de semences répondant parfaitement aux caractéristiques du terroir et du climat local.

Cela donne plus d’autonomie aux paysans et cela leur permet dans le même temps de réduire les coûts d’achat de semences.

> Participer à la création de la Maison des semences paysannes du Lot

Des diagnostics pour changer les pratiques

De nombreux paysans en France se sont unis pour réfléchir aux alternatives possibles et ont créé la charte de l’agriculture paysanne. Cette approche globale, née de leur réflexion et de leurs expériences, promeut une agriculture plus respectueuse de l’environnement et de l’humain, économiquement viable et plus proche des consommateurs.

Le diagnostic agriculture paysanne permet à d’autres agriculteurs d’adopter cette démarche. Réalisé dans les fermes, il permet aux paysans demandeurs de faire le bilan de leur système de production actuel et d’être accompagnés dans le développement d’une agriculture paysanne.

Votre don permettra de répondre à la demande de 24 agriculteurs souhaitant réaliser un diagnostic agriculture paysanne en région Centre. Il permettra aussi à ceux qui sont déjà dans cette démarche de la diffuser auprès des étudiants en agriculture.

 > Permettre le diagnostic de 24 agriculteurs

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I know who grew it

Greenpeace a lancé la campagne I know who grew it littéralement « je sais comment il a grandi ». Un site pour comprendre les enjeux de l’agriculture paysanne et pour se lancer des défis.

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Le défi de manger bio, local et de saison pendant un mois est le plus populaire, facile dans le Loire et Cher (rime riche), plus compliqué à Paris… Nous avons d’ailleurs mangé un excellent repas uniquement composé de produits issus de l’agriculture paysanne et locale.

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C’est clair, j’adorerais savoir how grew mon entrecôte, mes oeufs et mes fraises. J’ai donc sélectionné pour vous des bons plans pour manger en circuit court pour être presque certain de savoir how grew le contenu de notre assiette.

> Lire l’article

 

Comme toute parisienne qui se respecte, je rêve souvent de quitter Paris. Comme tous les parisiens, je reste et me plains car ça fait du bien et car j'<3 rien je suis parisien. Je reste aussi pour le chant de la baguette, pour ce petit japonais au bout de ma rue, pour ces adresses qui ouvrent chaque jour, pour une tartelette au citron, pour du fromage toujours au lait cru, pour un bibimbap dans le 15ème, un Tigre qui pleure dans le 13ème, pour un bar à vin dans le 2ème, pour cette nouvelle adresse de burger à la sauce chinoise. Pour les ponts, pour les ruelles, pour les épiceries, l'odeur des boulangeries, pour déambuler dans le 7ème observer ceux qui achètent leur PQ à la Grande Ep' et pour voir les boubous défiler à Barbès, pour un butter chicken Passage Brady et un parfait café latte rue de Babylone. Pour m'arrêter devant la Pagode, pour lécher les vitrines, pour se prendre pour une touriste, pour s'étonner à rêver d'y habiter…
3 Responses
  • peyrus
    mai 30, 2015

    Salut,

    il est beau ton article.
    merci.
    Florent.

  • Sophie
    juin 1, 2015

    Merci Anaïs pour ce très bel article !

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