Elle plaque tout pour les plaques de cuisson

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Nouvelle année, la tête pleine de projets, envie de faire des listes de choses à réaliser cette année (histoire de légitimer l’achat de 10 carnets #carnetomania), de quitter son job (ah non c’est déjà fait), de réaliser son rêve, bref d’ouvrir un salon de thé ? Interview de Laurène qui a osé faire le grand saut dans la marmite de chocolat en rejoignant les bancs de la célèbre école Ferrandi pour 4 mois en vue de préparer (et de réussir haut la main) un CAP Pâtisserie.

Master en communication et tu enchaînes sur un CAP Pâtisserie, t’as trop regardé le Meilleur Pâtissier ?

J’ai toujours aimé la cuisine. Toute petite, je mélangeais dans un bol des ingrédients que je pensais nécessaire à la constitution d’un gâteau au chocolat et le mettais au micro-ondes. Je pense que je dois être pionnière dans « l’art » du mugcake.

Des membres de ma famille dans le métier ont certainement également éveillé ma curiosité. Un oncle pâtissier et un cousin à la tête d’une pâtisserie détenue depuis plusieurs générations et un papa qui a été cuisinier pendant plus de 20 ans à Paris…

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Pourquoi tu ne l’as pas fait avant ?

J’en ai toujours rêvé mais le regard porté sur les métiers de la bouche n’a pas toujours été aussi joyeux. L’évolution du regard sur ces métiers m’a sûrement indirectement aidée à prendre ce tournant. Aujourd’hui, je me sens davantage en confiance avec mes capacités et mes aspirations, j’ai décidé de placer cette passion au centre de ma vie.

Quel a été le véritable élément déclencheur qui t’a décidé ?

Une prise de conscience que j’étais assez forte pour sortir de ma zone de confort et que c’était sûrement le bon et dernier moment pour le faire.

Est-ce que tu penses que tes études en communication te seront tout de même utile en pâtisserie ?

Oui car certaines choses que j’ai pu apprendre et développer en com m’aident en pâtisserie. Je pense à la patience, la créativité, la connaissance du consommateur, le sens de l’esthétisme, de la minutie et de l’observation.

Quel regard porte ton entourage sur cette reconversion ?

La première chose que les gens me disent c’est que ça me va très bien, qu’ils me voient très bien là dedans.

Tu avais déjà de l’expérience avant de pousser les portes de Ferrandi ?

J’avais bien entendu consacré beaucoup d’heures perdues (ou pas) à la pâtisserie. Lors de mon entretien d’admission à l’école Ferrandi, on m’a conseillé de faire un stage dans une pâtisserie, je me suis lancée pour un mois et cela m’a donné une certaine confiance en commençant cette formation. Certains n’avaient d’autre expérience que leurs réalisations du dimanche et ils suivent sans soucis non plus.

Ton dessert préféré ?

Un dessert de saison, je suis très saiso-mono-maniaque. En gros, on est en janvier, j’ai du engloutir une dizaine de galettes des rois sans me lasser car je sais qu’elle n’est là qu’un mois. Le mois prochain sera dédié au crêpes, tartes aux fruits rouges l’été… Le dessert que je peux engloutir toute l’année est sans conteste la tarte au citron.

Plutôt meringuée ?

Je n’ai pas d’avis tranché, cela dépend de la tête de la meringue.

Ta madeleine de Proust ? La pâtisserie de ton enfance ?

L’éclair au chocolat.

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Celle dont tu es la plus fière ?

Le moelleux au chocolat et noisettes, c’est simple c’est bon et c’est ça qui est bon, pourquoi chercher midi à l’heure du goûter ?

C’est comment un CAP à 26 ans ?

C’est fun parce que tu retournes sur les bancs de l’école mais plus en traînant des pieds, tu prends du plaisir. Mais ça n’a pas changé, toujours les commérages, les jalousies, les embrouilles, les flirts, même si on est entre adultes.

C’est comment un CAP en 4 mois ?

Intense ! Court pour emmagasiner toutes les infos théoriques et pratiques à connaître. On passe environ 80% du temps en labo et 20% en cours.

Nous avons deux demie-journées de libre par semaine. Pour le moment, aucun « devoir » à faire. Ca va venir… Je fais tout de même de la pâtisserie pour mon plaisir et je mets mes recettes et photos sur mon blog teaetconfettis.com

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T’as l’impression d’être sur M6 ?

On a un beau labo mais on ne nous a pas encore dit « 1,2,3 Pâtissez » mais avec l’examen blanc, ce sera sûrement un peu ça :).

Cette reconversion, tout le monde peut la faire ?

Si t’as l’envie, l’énergie, la niac oui.

Et l’argent aussi ? et puis 4 mois ?

Ou l’argent ou un financement par Pôle Emploi dans le cadre d’une reconversion. Et certains prennent simplement un congés sabbatique pour être certains de vouloir ce changement de vie avant de tout plaquer définitivement.

C’est quoi le Graal en sortant de Ferrandi ?

Rentrer chez un grand pâtissier ou chez un MOF ou dans un grand restaurant étoilé. Pour d’autres, c’est la réalisation de leur petite entreprise.

Et la parité, ça se passe comment en formation pâtisserie ?

Dans ma promo, il y a 3/4 de femmes alors qu’avant, contrairement au idées reçues c’était l’inverse, notre uniforme est encore un uniforme d’hommes.

Tu aimerais monter ton truc ?

Dans 10, 15 ans peut être monter mon truc mais pour le coup j’ai besoin de me frotter à de petites et grandes cuisines avant de me sentir pleinement en confiance.

Tu monterais quoi ?

Bah un salon de thé dans l’air du temps pardi !

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Pour te suivre et te poser d’autres questions ?

Mon blog : teaetconfettis.com

Page Facebook : facebook.com/teaetconfettis

Comme toute parisienne qui se respecte, je rêve souvent de quitter Paris. Comme tous les parisiens, je reste et me plains car ça fait du bien et car j'<3 rien je suis parisien. Je reste aussi pour le chant de la baguette, pour ce petit japonais au bout de ma rue, pour ces adresses qui ouvrent chaque jour, pour une tartelette au citron, pour du fromage toujours au lait cru, pour un bibimbap dans le 15ème, un Tigre qui pleure dans le 13ème, pour un bar à vin dans le 2ème, pour cette nouvelle adresse de burger à la sauce chinoise. Pour les ponts, pour les ruelles, pour les épiceries, l'odeur des boulangeries, pour déambuler dans le 7ème observer ceux qui achètent leur PQ à la Grande Ep' et pour voir les boubous défiler à Barbès, pour un butter chicken Passage Brady et un parfait café latte rue de Babylone. Pour m'arrêter devant la Pagode, pour lécher les vitrines, pour se prendre pour une touriste, pour s'étonner à rêver d'y habiter…

4 Responses
  • MMaxine
    février 13, 2014

    Une jolie reconversion qui annonce beaucoup de succès vu les merveilles que tu sors ! Belle continuation 🙂

  • Verveine-citron
    janvier 12, 2015

    Je viens de tomber sur ton article. Je suis exactement dans ton cas, j’ai 25 ans et j’entame les démarches pour me reconvertir en pâtisserie ! Ton article me pousse encore plus à le faire merci ! J’espère réussir les entretiens !

  • CarolineMiam
    mai 5, 2015

    C’est très drôle car j’ai exactement le même profil que toi. 26 ans, un master 2 communication en poche, passionnée de pâtisserie depuis mon enfance, mes desserts préférés sont l’éclair au café et la tarte au citron, je suis également dans des démarches de reconversion en pâtisserie pour ouvrir mon salon de thé. Lire que tu as réussi ton projet me conforte dans mon choix. Merci pour et article et bonne continuation à toi.

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