Les Gorges du Ziz / Road trip au Maroc

Les gorges du Ziz furent la quatrième étape marocaine de notre road trip. À 5h au sud de Fès et à 2h des portes du désert, dans le haut Atlas Oriental, la vallée du Ziz est traversée par le fleuve éponyme qui a permis le développement de la plus grande palmeraie du Maroc (et l’une des plus grandes du monde) : l’Oasis du Tafilalet.  En plus des palmeraies, le fleuve nourrit également les oasis environnantes. Les gorges du Ziz sont longées par d’imposantes falaises rouges. Les routes serpentent ainsi entre les falaises en bordure du Ziz. On aperçoit quelques ksour (villages fortifiés) au coeur des palmiers, habités par les berbères qui profitent de l’eau du Ziz pour les cultures et l’élevage de petits bétails. Ce chemin fait partie de l’ancienne route des caravanes. Les kasbah sont majoritairement faites en pisé, mélange de terre crue et argileuse tassée. Cette technique ancestrale, économique, naturelle détient un bilan écologique exceptionnel et connait d’ailleurs un regain d’intérêt en France.

J’ai adoré cette route à travers les gorges. Au milieu de rien et de tout en même temps. Les contrastes entre les falaises ocres et la luxuriante palmeraie verte sans fin, la route sinueuse et les majestueux ksours sans âge. Les points de vue sont magiques. Il existe peu de logements hors des villes alors la majorité des voyageurs logent à Errachidia, dernière grande ville avant les portes du désert. Je trouvais un peu bête de loger en ville, je souhaitais passer au moins une nuit dans un ksar. J’ai réservé le jour même au gîte Luna del Fuego. En cette saison (août), il y a pas de voyageurs dans les terres marocaines et encore moins ici, aux portes du désert.

Quand nous arrivons devant la magnifique kasbah qui se fond dans le paysage et surplombe la palmeraie, le vent chaud et sec nous enveloppe en un quart de seconde. Il fait 46°c. Les enfants viennent nous voir avant qu’Ismaïl, souriant, ne sorte pour nous accueillir. Nous rentrons poser nos sacs dans la kasbah où il fait quasi tout aussi chaud. L’intérieur, typiquement berbère, est très bien décoré. Les enfants jouent déjà ensemble. Ismaïl nous sert un thé brulant à la menthe sur la terrasse. Je n’ai jamais senti un vent aussi chaud sur la peau mais c’est finalement supportable car il est extrêmement sec. La nuit tombe tôt, le ciel étoilé se dévoile. Nous mangeons dans le salon d’un excellent repas servi avec du pain maison fait dans un four à pierre. Je suis infiniment heureuse d’être ici. Quoi qu’il se passe maintenant dans ce voyage, nous aurons été ici, vu cet endroit, vécu ce moment où nos enfants jouent et rient avec des petits enfants de la vallée du Ziz et où nous buvons un thé à la menthe devant le magnifique ksar d’Ifri perdu dans les palmiers. Un moment suspendu qui comptera beaucoup dans ce voyage et un très bel aperçu de l’accueil et de la gentillesse berbères par Ismaïl et sa famille. Un endroit que je vous souhaite de découvrir un jour. Loin, très loin de tout ce que nous connaissons et qui fait notre quotidien.

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