On crie OUI à La Ruche Qui Dit Oui

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Un jour, Anaïs La Blonde me dit « tu connais la Ruche qui dit oui ? Ce serait top qu’on fasse un article ». Je ne sais pas ce qu’est une Ruche qui dit oui, mais, toujours motivée pour informer nos chers lecteurs d’innovations croustillantes, et nourrissant une confiance absolue dans le flair d’Anaïs, je me suis lancée.

LaRucheQuiDitOui-logoQu’est ce qu’une ruche qui dit oui ? « La Ruche », je ne vous apprends rien : c’est la maison des abeilles. « Qui dit oui »… Elle dit oui à quoi en fait ? Elle approuve le bon sens, comme en témoigne la baseline « La Ruche qui dit Oui ! permet de vous réunir pour acheter directement aux producteurs de votre région ».
« Un peu comme dans une AMAP ? » me direz-vous*. En fait, pas vraiment, parce que la Ruche propose une diversité de produits qu’il n’y a pas dans les AMAP et surtout, ça ne fonctionne
pas par abonnement. Aucun risque de recevoir trois kilos de choux et navets tout l’hiver chaque semaine. Et surtout, la Ruche, c’est la re-création du lien social puisque vous pouvez
rencontrer les producteurs. Pour bien comprendre ce que la Ruche propose, petite séquence cinéma :


Concrètement comment ça marche ?

Donc, moi, Camille, je m’inscris sur Internet, dans la ruche près de chez moi. Régulièrement, je reçois un mail avec des propositions de marchandises diverses. Je fais mon choix : par
exemple « un panier de légumes 1 semaine solo » + « des boulettes de bœuf 300g » + « de la farine bio sans gluten au maïs ». Si les abeilles (nom donné aux participants de la Ruche)
atteignent ensemble le montant minimal requis pour faire venir les produits (ce qui arrive le plus souvent), ma commande est confirmée et je vais la chercher à ma Ruche quelques jours plus tard. Ça peut être un bar, une école, le salon de quelqu’un ; pour ma part, ma Ruche est logée dans un bar de ma rue qui se mue en marché le temps d’un samedi après midi.

Séquence « journalisme d’investigation »

la-ruche-qui-dit-oui-manger-justePour mieux comprendre le système de l’intérieur, et témoigner auprès des internautes concernés, je me suis proposée comme « abeille ouvrière » (volontaire) pour aider à la distribution des colis le samedi.

À l’heure dite, on transforme le bar en « marché », bougeant les tables comme autant d’étals. Les producteurs arrivent petit à petit, chargés de leurs cargaisons. On me confie la mission de distribuer le poisson et le pain de deux producteurs qui n’ont pas pu faire le déplacement. Les abeilles arrivent, prennent leur commande, discutent entre elles, avec le maraîcher, avec le boulanger, on s’échange des recettes, on déguste, on regarde, on prévoit de commander du confit de gingembre bio pour la prochaine fois. Je ne résiste pas à l’envie de reprendre plusieurs fois du Kougn-Amman et du fromage à la bière, et je ne remplis, je crois, pas trop mal mon rôle de « marchande d’un jour » ; (même si les gens se méprennent en me félicitant pour mon bon pain, ce à quoi je réponds : « non mais en fait moi je sais rien faire de mes mains, je suis abeille ouvrière c’est tout (sourire poli) »).

À côté de mon stand poisscaille/boulangerie, il y a la famille Magellan, des façonniers qui privilégient le bio et qui m’apprennent tout plein de choses sur la restauration aujourd’hui et me font goûter du chocolat au coquelicot d’une finesse rare.
L’heure de la clôture de la Ruche arrive : les producteurs rangent leurs casiers et retournent bosser, on constate que Madame Pigeon a oublié son filet de Cane (véridique) alors on la rappelle, on range les tables, on se dit à bientôt et on rentre avec son cabas plein des bons produits commandés.

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Alors, « la Ruche qui dit Oui » porte-t-elle bien son nom ?

OUI : ça permet de rencontrer des gens de son quartier, des producteurs, des agriculteurs. La Ruche, c’est l’anti-hypermarché gigantesque et anonyme ; ça permet de changer de regard sur les agriculteurs, non, ils ne sont pas tous bourrus et solitaires (comme dans l’amour est dans le pré) ils ont même des Ipads, c’est dire !
OUI : c’est pas forcément moins cher qu’en supermarché mais le prix est justement distribué (car il y a suppression des intermédiaires) et les produits sont choisis pour leur goût, leur fraîcheur et ça se sent ! Ca constitue une formidable alternative pour les consommateurs (lassés des produits dégueus du rayon « frais » et des tomates « origine Persunie/hors
Europe » qui n’ont de tomates que le nom) et pour les agriculteurs (qui ne s’y retrouvent avec le fonctionnement actuel des circuits de la grande distrib’).
OUI : ça incite/force/pousse à faire un peu de cuisine. Mais c’est tant mieux. Je me laisse surprendre par des légumes nouveaux (patidou, panais, topinambours), j’apprends à cuire la courge, je fais de la compote maison, et je redécouvre le goût de la viande.

Désolé pour cet article un peu long et légèrement hors sujet (ce n’est pas un resto à moins de 15 euros) mais je me dois de témoigner de cette révolution du goût qui a lieu près de chez
nous !! Bon appétit !
* : Mécréants qui ignorez le sens de cet acronyme, lisez ça : http://www.reseau-amap.org/amap.php

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Mes goûts culinaires ? Une prédisposition particulière pour les plats ensoleillés, la ratatouille, les poissons grillés, les sorbets qui sentent le fruit, les mangues fraîches… J’aime bien quand c’est les vacances dans mon assiette. Mais je m’adapte hein, s’il fait froid, je n’ai rien contre un pot au feu ou un gratin de potiron. Assez végétarienne dans l’ensemble, par goût – pas par conviction (pas de politique à table). Je développe une lubie autour de la salade César – c’en est presque une religion.

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